|
|
 Une Crevette L’élevage semi extensif de la crevette impériale (Penaeus japonicus) L'élevage de la crevette impériale (Penaeus japonicus) représente en France et en Europe du Sud une activité aquacole très marginale contrairement aux pays d’Asie (Japon, Taiwan, ...), ou même l’Australie (287 tonnes en 96-97) qui élèvent cette même espèce pour essentiellement le marché japonais. Cette espèce, pouvant être transportée en vivant, est très appréciée par les japonais qui la consomment crue (Kuruma shrimp). Le tonnage produit en France est du même ordre de grandeur depuis une dizaine d’années (25 tonnes en 1989, 25 tonnes en 1995). Il est produit dans des petites exploitations artisanales situées pour la plupart dans les marais salés et saumâtres de la côte atlantique (Vendée: 1 t., Charente-Maritime: 9 t., Médoc: 5 t.) et dans une exploitation du Languedoc (5 t.) qui a fermé ses portes en 1996. En France pour des raisons de température, l'élevage n'est possible que de la mi-mai à la mi-octobre. L'élevage présente un grand intérêt en raison de la brièveté de son cycle. Il suffit de 100 à 120 jours pour porter une post-larve de 10 mg à la taille de commercialisation de 15-20 g. Les travaux de recherche et d'application dans les marais, ont montré que cette espèce se nourrissait préférentiellement sur des proies naturelles vivant dans le sédiment (vers polychètes, larves d'insectes, petits crustacés,...) et acceptait par contre mal les conditions proposées pour une intensification (REYMOND et LAGARDERE, 1990). Après des essais de l’extensif à l’intensif, la filière d’élevage, qui reste en place aujourd’hui est une filière semi extensive, favorisant le développement des proies naturelles par stimulation du milieu au moyen de produits organiques fertilisants (HUSSENOT et al., 1993). Cette filière d’élevage à basse densité (2 à 5 crevettes par m²) ne nécessite qu’un faible renouvellement d’eau (4% par jour en moyenne), et ne provoque que peu de modifications sur sa composition en sortie contrairement à un élevage aquacole intensif. La technique de préparation et d’enrichissement des bassins a été mise au point par le Centre de Recherche en Ecologie Marine et Aquaculture de L'Houmeau (CNRS-IFREMER). Le Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole (CREAA) de Poitou-Charentes, qui a vérifié à plus grande échelle les possibilités d’application de cette technique, a développé une technique de pré grossissement en marais, très intéressante, pour améliorer la survie des juvéniles introduits (BLACHIER, 1998).
Le cycle d’élevage se décompose dorénavant en 3 phases : |  | l'écloserie où s’effectue la reproduction de l’espèce et la production des post-larves de crevettes (deux écloseries privées françaises peuvent fournir des juvéniles aux éleveurs). | |  | le pré grossissement est une phase indispensable pour assurer une bonne survie ultérieure. Il s'effectue in situ en bassins-nurserie de petite superficie (1000m² environ), sur une durée d’un mois, à des densités par m² de 20-60 individus. Cela permet de ressortir des juvéniles de 1 gramme de poids moyen avec une survie de 60-80%. En raison de la densité élevée, un complément en nourriture est apporté journellement en plus d’une stratégie fertilisante du milieu. Les travaux de préparation et d’entretien sont les mêmes que pour le grossissement. | | | le grossissement en bassins de 1000m2 à plusieurs hectares, se pratique essentiellement sur les trois mois de l’été à des densités de 1 à 5 crevettes par mètre carré. Tous les éleveurs n’introduisent pas des juvéniles de taille identique. La survie peut atteindre 80-90% en introduisant des juvéniles de 1g., ou un taux beaucoup plus variable (20-80%) en introduisant des post-larves venant directement de l’écloserie (10-50 mg.). La préparation du bassin d’élevage est très importante pour obtenir des résultats de croissance et de survie satisfaisants. Il faut tout d’abord éradiquer les prédateurs pouvant exister dans le bassin (anguilles, gobies, alevins de bars et de daurades), et ensuite essayer de limiter les espèces compétitrices pouvant pénétrer pendant les renouvellements d’eau (crevette de marais). La crevette impériale qui mue régulièrement, devient à cette période très vulnérable des crabes verts. Pour limiter la mortalité, une pêche régulière de ces prédateurs doit être effectuée à l’aide de casiers appâtés. Chaque jour le bassin d’élevage est contrôlé (nettoyage des grilles, vérification des casiers à crabes, distribution des apports fertilisants ou alimentaires, gestion de l’eau,...). Pour optimiser les coûts de production, il est conseillé dans la phase de grossissement à faible densité, d’utiliser, au démarrage et durant la première moitié de l’élevage, un aliment fertilisant à faible taux de protéine (35% environ), de préférence pressé à sec plutôt qu’extrudé. Il servira plus à nourrir les proies naturelles des crevettes (vers polychètes,...), que ces dernières. En fin d’élevage cet aliment pourra être avantageusement remplacé par un aliment spécifique pour crevette impériale. Ces deux aliments sont disponibles sur commande auprès d’un fabricant français, depuis l’année 1997 où ils ont été formulés avec l’aide du CREMA (CHIM et HUSSENOT, communication personnelle) à la demande de la profession. On peut aussi utiliser des aliments pour poissons d’étang du genre carpe. Les stratégies de nourrissage pour le pré grossissement et le grossissement sont décrites par BLACHIER (1998) dans les notes techniques du CREAA sur l’élevage de la crevette impériale. La production de crevette impériale par saison est de 300-800 Kg par hectare d’eau; elle varie selon le nombre et la taille des jeunes crevettes introduites, et selon aussi la richesse du milieu en proies naturelles du bassin d’élevage. En Charente-Maritime cet élevage est souvent combiné avec une production d’huîtres de qualité dites « pousses en claires »  | |
|
Advanced Google AdSearch 3.1
|